Le chemin de l'eau, du toit au sol
Toute l'eau qui tombe sur un toit suit le même chemin : elle descend le long des tuiles, se rassemble dans les creux et au bas du toit, puis part par la descente. Quand une pièce cède, l'eau passe ailleurs : sous les tuiles, le long du mur, parfois dans la maison. Le dessin des parties du toit les montre une à une.
On appelle zinguerie l'ensemble des pièces de métal qui recueillent et conduisent l'eau du toit (noues, solins, gouttières, chéneaux, descentes), en zinc ou dans un autre métal, et zingueur celui qui les pose.
- La noue
- Le creux où deux pans de toit se rencontrent : l'eau des deux y passe. La tuile canal est peu adaptée aux noues, parce qu'elle n'y est pas assez étanche : on les réalise couramment en zinguerie (fiche sur la tuile canal). Sur un toit de tuiles plates, elles sont traditionnellement au mortier de chaux, ou en zinc (fiche sur la tuile plate). Des feuilles qui la bouchent ou un zinc percé, et l'eau déborde ou passe dessous.
- Le solin
- Le raccord étanche entre le toit et ce qui le traverse ou le borde, comme une cheminée ou un mur. Autour d'une souche de cheminée, l'étanchéité est un point délicat de la couverture en tuile canal. Sur un toit de tuiles plates, le solin est traditionnellement au mortier bâtard, que l'on peut compléter de bandes de zinc noyées dans le mortier. Il se fissure avec le temps.
- L'égout et les gaoulières
- L'égout est le bord bas du toit, au-dessus de la gouttière. Beaucoup de toits de tuiles du Lot y gardent plusieurs rangs de lauzes calcaires, que l'on appelle ici des gaoulières (conseil d'architecture du Lot). Leur poids contribue au blocage de la charpente et permet de couvrir le mur (fiche sur la restauration des lauzes) : signalez-les au couvreur, elles font partie du toit.
- La gouttière
- Le canal accroché au bas du toit, qui recueille l'eau. Pleine de feuilles, elle déborde, et l'eau coule le long du mur.
- Le chéneau
- Un canal du même genre, mais encastré dans la corniche ou posé sur le haut du mur, au lieu d'être accroché au bord du toit.
- La descente
- Le tuyau qui conduit l'eau de la gouttière jusqu'au sol. Bouchée, elle fait déborder toute la gouttière.
Les signes d'alerte
Observez depuis le sol, pendant ou juste après une pluie : c'est là que l'eau montre où elle passe.
- L'eau passe par-dessus le bord de la gouttière au lieu de la suivre.
- Une traînée sombre ou verdâtre marque le mur sous la gouttière ou sous la descente.
- La gouttière penche, pend ou n'est plus alignée sur le bord du toit, et l'eau reste dans le fond au lieu de s'écouler.
- Des gouttes tombent aux jonctions et aux coudes.
- Le métal est rouillé, fendu ou percé, ou le zinc d'une noue se soulève.
- De l'herbe, de la mousse ou des feuilles poussent ou s'entassent dans la gouttière, le chéneau ou la noue.
- Le sol est détrempé au pied de la descente, ou l'eau jaillit de la descente à mi-hauteur.
- Une tache d'humidité apparaît à l'intérieur, au plafond ou en haut d'un mur, sous le bord du toit : la page de la fuite dit quoi faire.
Aucun de ces signes ne dit à lui seul d'où vient le défaut. Photographiez-les, et décrivez-les au téléphone avec les mots ci-dessus.
L'entretien, sans monter
Une gouttière pleine de feuilles ou une descente bouchée font déborder l'eau. Regardez ce qui s'est accumulé après la chute des feuilles, et ce qui a bougé après chaque orage ou coup de vent.
Si la gouttière est assez basse pour que vous l'atteigniez les deux pieds au sol, vous pouvez la vider et rincer la descente. Au-delà, ne montez ni à l'échelle ni sur le toit : faites-la nettoyer. Un assureur conseille de ne pas monter sur le toit, mais d'observer depuis le sol ou les fenêtres.
Quand un couvreur est déjà sur le toit, demandez-lui de regarder aussi les noues et les solins : c'est là que l'eau de deux pans se rassemble, et là que le toit se raccorde aux murs et aux cheminées.
Ce que fait le professionnel
Il cherche d'où vient le débordement ou la fuite : un joint, un tronçon percé, des crochets qui ont lâché, une pente perdue, une descente bouchée, une noue ou un solin abîmé. Il nettoie, raccorde, refixe ou remplace la pièce en cause : un tronçon de gouttière, une descente, une noue en zinc, un solin refait en mortier ou en zinc.
Demandez un devis écrit avant les travaux, avec la longueur à poser, le matériau et ce qui est déposé. Selon la confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (CAPEB), le devis et la facture d'un artisan doivent mentionner son assureur et la zone couverte par son contrat d'assurance décennale.
Si votre maison est dans un secteur protégé ou aux abords d'un monument historique, demandez à la mairie si changer le matériau, la forme ou la couleur de vos gouttières demande une démarche : les règles de toiture des plans de Cahors et de Figeac n'ont pas pu être relues pour ce site. Le guide Toiture et patrimoine dans le Lot explique comment s'y prendre.
Prix indicatifs
Ces chiffres sont des moyennes nationales relevées dans des guides de prix commerciaux. Aucune source ne donne de prix propres au Lot : seul le devis du couvreur fait foi, et Toiture Lot n'annonce aucun prix au nom d'un artisan.
| Travaux | Ordre de grandeur | Source |
|---|---|---|
| Zinguerie : gouttières, chéneaux, noues | 30 à 80 € le mètre linéaire, selon le matériau | abctravaux.org, page de 2026 |
| Frais de déplacement d'un dépannage | 30 à 60 € en plus | Habitatpresto, 21/01/2026 |
Un prix au mètre linéaire se compare à la longueur posée : demandez qu'elle figure sur chaque devis. Le guide des prix réunit les autres ordres de grandeur et leur méthode.
À lire ensuite : la fuite de toiture, l'urgence après un orage, le démoussage, la charpente et le guide Choisir son couvreur.
